| BAISSE DE MORAL, DEPRIME, DEPRESSION |
Que faut-il savoir ? – tout d'abord posons ces trois questions essentiels pour mieux comprendre ou définir exactement ces symptômes.
Quelle différence y a-il entre déprime et dépression ?
Une personne déprimée est triste, sans énergie, facilement découragée, mais elle continue à assumer son quotidien, même si cet état dure plusieurs jours, ou même plusieurs mois, dans les cas les plus difficiles, de plus, son humeur varie en fonction des circonstances, l'appel d'un proche, un événement joyeux lui permettent de sortir, même provisoirement, de sa tristesse, dans le cas d'une vraie dépression, en revanche, la personne n'est plus capable d'assumer le quotidien.
Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles à la déprime ?
Tout simplement parce que ces creux de l'existence, que nous connaissons tous, font resurgir chez certaines personnes des événements qui ont marqué leur passé. Notamment des souvenirs de la petite enfance, séparation ou autre, qui ont été une source d'angoisse et que la situation présente fait remonter à la surface tout ce qu'on a accumulé; plus ce "passif" est important, plus les risques de déprime s'accentuent.
Faut-il alors prendre des médicaments ?
Les médicaments traitent les symptômes (fatigue, souffrance morale) et non pas les vraies raisons de la déprime, En apportant un soulagement physique et psychologique, ils peuvent même empêcher la personne déprimée de se livrer à ce travail de "deuil" indispensable pour accepter la perte réelle ou symbolique, qui a déclenché sa déprime. Il n'y a donc pas vraiment d'intérêt à la médicaliser d'autant que, quelle que soit sa durée, la déprime ne présente pas de danger pour la personne, à la différence de la dépression .
LES SOLUTIONS POUR SORTIR DE LA DÉPRESSION
Parce que la dépression fait peur, on a tendance à nier l'existence et à la traiter comme une simple déprime, pire encore, à en gommer les effets négatifs à grand coup de ces nouvelles "pilules du bonheur" dans un cas comme dans l'autre, on ne fait qu'effleurer la surface de cette "maladie de l'âme" qui exige au contraire une prise en charge globale.
On a souvent tendance à considérer que la dépression n'est qu'une manifestation plus intense de la déprime, en réalité, en dehors de la sensation de tristesse et de détresse commune à ces deux maux, et qui se trouve effectivement surmultipliée dans le cadre d'une dépression, d'autres symptômes permettent de les différencier.
Lorsqu'une personne semble écrasée du matin au soir sous une chape de tristesse que rien ni personne ne réussit à distraire , et si cet état dure pendant au moins quinze jours de manière immuable, on est sans doute possible dans le registre de la dépression, d'autres facteurs permettent de confirmer ce diagnostic : l'impossibilité de garder des contacts avec l'extérieur, un désintérêt total face aux personnes ou aux activités qui faisaient pourtant partie intégrante de la vie du patient, la perte du plaisir qui peut aller jusqu'au désir de mort, les troubles du sommeil et de l'alimentation qui provoquent un amaigrissement ou entraînent, plus rarement, une prise de poids.
Des raisons encore mal connues
Pourquoi et comment apparaît la dépression ? Certaines natures pessimistes ont à priori un terrain idéal pour développer ce syndrome la survenue d'événements graves pourrait également représenter une raison suffisante pour sombrer dans ce mal de vivre. La réalité est toutefois plus complexe, il n'existe pas de profil type du dépressif, pas de circonstances précises qui permettent de prévoir son apparition "en fait, personne ne semble vraiment à l'abri de la dépression", et ses origines restent encore mystérieuses, en dehors de l'explication biochimique, qui s'inspire directement du mécanisme de fonctionnement des médicaments antidépresseurs, on explore d'autres voies de recherche .
La piste génétique : dans certaines familles, le nombre de dépressifs est significativement plus important, d'où la théorie d'une "fragilité" génétiquement déterminée, qui ne s'exprimerait qu'en fonction des circonstances, ainsi, face à des évènements identiques, comme un deuil ou la perte d'un travail, certaines personnes réussisse à passer le cap après une période de tristesse, alors que d'autres, dont le seuil de tolérance est moins élevé, tombent dans la dépression.
La voie chrono-biologique : des études ont permis de constater un décalage des rythmes circadiens chez les sujets déprimés, ces séquences de veille-sommeil qui scandent non seulement la vie quotidienne, mais aussi tout le fonctionnement organique, les sécrétions hormonales, cela expliquerait pourquoi les différentes thérapies qui ont pour objectif de recaler les rythmes, comme l'exposition à la lumière, la privation de sommeil, et dans les cas les plus aigus la sismothérapie (électrochocs) donnent des résultats positifs.
Un traitement personnalisé
Les spécialistes n'ont qu'une certitude à l'heure actuelle : les facteurs biologiques et psychiques semblent imbriqués, d'où l'importance de proposer des traitements prenant systématiquement en charge ces deux aspects, en les adaptant à la personnalité de chaque individu et à l'intensité de la dépression, sous peine de courir à l'échec et de connaître une récidive.
Les médicaments : l'aide médicamenteuse n'est pas nécessaire en cas de déprime, en revanche une dépression caractérisée justifie la prescription d'un antidépresseur, pour soulager rapidement la souffrance psychique et permettre au patient de retrouver un système de pensée normal statistiquement, on observe l'atténuation ou même la disparition des symptômes au bout de quinze jours à trois semaines, mais un traitement de trois à six mois est indispensable, l'interruption trop précoce du traitement étant l'une des causes principales des rechutes.
La psychothérapie : les antidépresseurs ne traitent que la partie symptomatique de la dépression, et non ses causes psychiques, la psychothérapie reste l'élément moteur de la vraie guérison car elle permet de formuler une détresse difficile à extérioriser, dans 90 % des cas, l'aide morale est focalisée sur ce que vit la personne dans le présent, le "psy" l'aide à démêler l'écheveau de ses pensées, à analyser les évènements douloureux, en dehors de cette psychothérapie" de l'ici et maintenant", on peut proposer, quand la personnalité d'un dépressif laisse supposer qu'il porte des signes de rechute, une thérapie psychanalytique, plus longue (trois ans minimum), elle travaille directement sur l'inconscient, et permet de prendre conscience de ce qui ne va pas en soi, d'apprendre à se connaître, pour ne pas répéter les mêmes erreurs.
LES PILULES DU BONHEUR
Les antidépresseurs ont tous le même objectif :
agir sur les neurotransmetteurs qui permettent la communication entre les neurones, et rééquilibrer le système nerveux central, les derniers-nés ont toutefois la faveur des prescripteurs, car faute de trouver de nouvelles solutions biochimiques contre la dépression, les laboratoires s'attachent désormais à minimiser les effets secondaires liés à ces médicaments (prise de poids, sécheresse de la bouche, constipation).
Quels sont les troubles qui peuvent cacher une dépression ?
Ils sont extrêmement variés d'une personne à l'autre : fatigue intense, migraines, douleurs vertébrales ou digestives, difficultés respiratoires (boule dans la gorge ou dans la poitrine) ou douleurs au niveau du thorax qui ressemblent beaucoup à des symptômes cardio-vasculaires.
Comment établir le diagnostic ?
La principale difficulté dans le cas d'une dépression qui ne dit pas son nom, c'est que le patient, en dehors des douleurs et malaises persistants, ne ressent pas particulièrement de sentiment de déprime. On peut toutefois soupçonner que le processus de dépression est enclenché quand on a effectué tous les examens qui n'ont apporté aucune explication physiologique, et surtout lorsque ces troubles résistent à l'arsenal médical classique, pour renforcer son diagnostic, le praticien doit soumettre son patient à un interrogatoire précis, qui lui permet de déterminer si ce dernier a été soumis à un événement (stress, deuil, changement de vie…) susceptible de déclencher un état dépressif.
Que faire pour en sortir ?
La première étape, et la plus importante, est de prendre conscience de ce que l'on souffre en réalité. Comprendre et accepter que ces troubles physiologiques ne sont que l'expression corporelle d'un mal-être physique, ne suffit pas à résoudre le problème mais correspond à 50% du processus de guérison, il faut y associer d'autres stratégies thérapeutiques en dehors des médicaments qui soulagent les douleurs, on peut faire appel aux médecines douces (cures d'acides aminés et d'oligo-éléments), qui vont aider l'organisme à se rééquilibrer et à améliorer sa production de neurotransmetteurs, toujours en déclin dans le cas d'un état dépressif, sans oublier un traitement antidépresseur, quand l'état d'anxiété est important et à condition qu'il soit bien accepté par le patient .
Il est recommandé de prendre des tisanes d'anis, tous les soirs, afin de trouver facilement le sommeil et les après-midi, des jus d'ananas, de citron et de carottes qui relâchent un peu les nerfs.
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